| Duvel Blues Festival (Français) Puurs (30-05-2026) reporter: Paul Jehasse info bands: PD Martin - DeDe Priest & Johnny Clarck - The Buttshakers - John Németh - Cabana Belgicana info bands: Justina Lee Brown - Dom Martin - Victor Wainwright & The Train info organisatie: Duvel Blues © Rootsville 2026 |
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Trentième édition de notre Duvelblues où l’organisation avait mis les petits plats dans les grands avec 8 nouveaux artistes programmés. Avec mon ami Johan qui a toujours la bonne idée de me laisser garer ma voiture chez lui à Bauvechain, nous prenons la direction de Puurs, à un peu plus de 160 kilomètres de chez moi.
J’avais invité Rachel Ammons, une multi-instrumentaliste du Mississippi qui habite non loin de Clarksdale.
Elle va se produire en Suisse ce 6 juillet vers 21 heures au festival Blues Rules de Crissiers en Suisse.
Profitant de son passage à Aarschot, elle a fait un crochet pour se faire connaître aussi des organisateurs et voir son amie Justina Lee Brown sous le grand chapiteau.

La journée a fait transpirer les aficionados du Festival car le soleil tapait dur. Nous avons aussi eu droit vers le milieu des concerts à une tempête brusque et courte ou des grêlons de la taille d’une balle de tennis, avaient envie de matraquer le public. J’avais heureusement vu arriver le danger et mis Rachel, sa tour manager Sheady et mes amis, sous le grand chapiteau.

Mais venons-en au Festival proprement dit, avec pour commencer sous la grande tente, PD Martin, de son vrai nom Piet Vercauteren. Il a formé son propre groupe avec Joris Holderbeke (basse), Rien Gees (batterie) et Hein Manos (claviers). Si on veut caractériser sa musique, on peut dire que le Blues et la Soul sont de rigueur dans ses nombreuses notes, jouées avec beaucoup d’assurance et de joie. Ceci est aussi un fait que cela lui a permis de remporter le Belgian Blues Challenge.
Il était dans le mood Duvel avec son premier titre « Bartender ». Et hop, sers-nous une Duvel, merci ! Viennent ensuite par ordre de mes préférences « Ain’t Nobody’s Business » et « Artificial State Of Misery ». Une touche de Funk et comme la caractéristique du Bar Tender est le savoir-faire, Piet nous en a mis plein les oreilles avec des morceaux comme « Izabela » et « Overqualified ». Merci de mettre si bien en valeur le blues belge, les amis.

Dans un plus petit chapiteau, « The Barn », DeDe Priest passait en duo avec Johnny.
Dede joue du violon et de la guitare. Elle laisse la partie en slide à son pote Johnny. Ils ont notamment joué « Mudslide », « In this Lifetime » et « Les cloches du Jugement dernier ». Hou là là !
Une belle bouffée d’air frais dans ce paysage surchauffé du ground central.
Leur final tout aussi réconfortant présentait encore quelques titres magiques avec « Love Train Right Here » et « Lynched At The Crossroad ». Une boisson fraîche a tout de même été la bienvenue après leur passage.

Retour sous la grande tente, avec les Lyonnais de Buttshakers et leur affriolante Ciara Thompson (celle-ci, originaire de Saint Louis et son arche géante aux U.S) en minijupe rouge flamboyante. Sylvain Lorens est à la guitare, Jean Joly à la basse, Josselin Soutrenon à la batterie, Simon Girard au trombone et Léon Ouillon au sax Baryton.
Ici, le Blues était plutôt discret : le R n’Roll prenait toute la place. Quelle énergie avec des morceaux qui se succédaient en rafales implacables, « Good Intentions », « PassYou By » ou encore « Never Enough » et terrassaient le public !
La voix sensuelle et soul de Clara laissait l’assistance admirative.

La section des cuivres sonnait funk et Ciara s’occupait de la paix mondiale avec son message en faveur des « gazawis » « Not In My Name » en enfonçant le peuple sioniste. Mais nous sommes ici pour la musique surtout et les morceaux « Hear Me », « Lesson In Love », « Keep On Pushing ». Nous avons bu jusqu’à la dernière note de « What You Say » ou était-ce de
la Duvel un peu moins fraîche ?

Place a un solo de Victor Wainwright sous la petite tente. Nous l’attendions surtout avec tout son band en super guest de la journée. Je n’ai pas trouvé sa presta terrible en solitaire, bien qu’il nous ait entraîné à couper des arbres avec des bûcherons. Le boogie-woogie sonnait mieux.
La pièce maîtresse était pour moi, l’hommage à Otis Spann, avec « It Must Have Been
The Devil » qui se trouvait d’ailleurs sur le fond du chapiteau en photo géante. Il y a eu aussi les flonflons new-orléanais avec « Hey Pretty Mama ». Je n’étais pas trop emballé, étant pourtant fan de l’ambiance de la « Big Easy » !

Retour à la Main Stage avec le passage surprise d’un accompagnateur, jeune mais déjà expérimenté à la guitare, j’ai nommé Sean « Mack » McDonald, qui écume les festivals avec ses compagnons français plus que confirmés : Fabrice Bessouat (batterie) et Antoine Escalier (basse) ; tout cela pour dire que la vedette du show était tout de même mon ami John Nemeth, venant tout droit de Memphis avec son harmonica emballant.

John, en salopette de mécano (il aime à s’habiller de la sorte), a fait un début tonitruant avec quatre morceaux explosifs : « Deprivin’ A Love », « Last Time » et « Country Boy ». Après un slow blues envoûtant de Sean montrant toute la palette de ses six cordes « Killin’ Me », retour à John avec « Shake Your Hips », « Get Offa Dat Butt ». Il nous a demandé gentiment de l’aimer « Please Accept My Love ». La fin est venue avec deux derniers morceaux « Angel Baby » et « Feelin’Freaky ». J’ai juste une remarque importante ; la connivence parfois manquait de liant car perso, je préfère une guitare ou un harmonica qui jouent seul. Le jeu connecté entre les deux est beaucoup moins fluide (réaction personnelle).

Dans « The Barn » se retrouve la crème des musiciens belges Cabana Belgicana, avec la légende « Roland Van Campenhout » (guitare), Sara De Smedt (claviers), Nils De Caster (instruments à cordes), Johan Heldenbergh (guitare et chant), Bart Verveack (lap steel et guitare, HT Roberts (basse) et David Broeders (batterie). Le succès était assuré avec un tel plateau !
Sara lance le show avec « Someday When This Life Is Over », une compo de Nils!
Roland joue du Lonnie Johnson et fait tinter le blues avec « Jelly Roll Baker ». Viennent aussi « Meet Me In The Morning » et « Changes », interprétés par Nils. Un de mes morceaux favoris est repris par Roland avec « St James Infirmary. Puis, Johan rebondit avec « Seven Miles ».
Sara n’était pas en reste et interprétait « Brighter Coins » et « 900 Miles ».

Pour moi, les cieux étaient fâchés que cette remarquable performance vaille plus que jamais la Main Stage, et ils ont lancé des grêlons de la taille d’une balle de tennis (heureusement aucun blessé n’a été recensé).

La tente principale était donc réservée à Justina Lee Brown (Justina Ogunlolu). Cette jeune femme de 42 ans d’origine nigérienne, nous a fait voyager dans son pays avec des compositions reflétant et contant ses racines africaines dans une multitude de style allant de l’afro/funk, la soul, le blues, le rock et le jazz (voir son dernier album « Echoes Of Home »).« Aramide » lançait les débats et l’atmosphère des racines du blues suivent avec « On My Way » et « No Time ».

Elle sait s’entourer de musiciens au top comme le percussionniste David. Justina mélange judicieusement le lyrisme africain et les sonorités mondiales d’inspiration bien de chez nous. L’Afrique est toujours bien présente avec « Dariji », « Shege », les déhanchements chaloupés accompagnant « Mr Bizi Bizi », et le final avec « Biliki » et « Baby Tomato ». Nous avons adoré cette musique flamboyante au possible.

Dernier parcours vers la petite tente pour Mr Dom Martin et sa guitare acoustique. Mon morceau favori « Belfast Blues », qui révèle ses origines, a démontré la qualité de son « fingerpicking ». Quand il joue seul, sa poésie ressort vraiment et en trio, c’est de l’électrique tirant vers le blues rock. Une belle reprise de John Martin avec « Discover The Lover » a convaincu d’emblée et aussi le J. Prine « Souvenirs ». Des compos personnelles ont été interprétées également et pour une fois j’étais un peu réconcilié avec l’acoustique, bien que ce ne soit pas ma tasse de thé.

Place au grand final de Victor et son train d’enfer, accompagné de son fidèle lieutenant Pat Harrington à la guitare solo. Après l’intermède de demi parcours du festival où il se produisait seul, ici le groupe Victor Wrinright & The Train faisait une différence appréciable ; Billy Dean à la batterie, Terrence Grayson à la basse, et deux membres des « Roomful of Blues », Doug Woolverton à la trompette et Mark Earley au saxophone.Nola is in da place, « Hey Bo Diddley » et « Who Do You Love » faisaient participer le public qui chantait. Pat nous a alors étiré un solo de guitare énigmatique et la longueur du titre nous a un peu désorienté.

Pour suivre, un hommage à Ray Charles avec le très rythmé « Shake Your Tailfeather » où la section des cuivres s’en est donné à cœur joie. Un boogie échevelé était aussi présent mais la fatigue à figé mon cerveau pour le titre et j’étais lessivé par ces nombreux va et vient, la chaleur, la tempête dans un verre d’eau avec glaçons assortis et géantsn mais over the rainbow est apparu comme dans un rêve et je me suis retrouvé chez moi, après cent soixante kilomètres.
Quelle aventure et je ne vous ai pas tout conté car cela, c’est un peu privé. Bonne nuit !
Un grand merci à Gust et tous ses bénévoles qui, comme d’habitude, ont fait un taf du tonnerre !
