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Hookrock #22 (jour 3)
Festival
Rooierheide Diepenbeek (04-07-2026)

reporter: Paul Jehasse

info bands: BB & The Blues Shacks (D) - Vanessa Collier (US) - Hook Herrera Band (US/B) - Guy Verlinde (B)
info bands: Thorobad (F) - Blues Skills (B) - One Rusty Band (CH)
info organisatie: Hookrock


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Le jour 3 du festival a très mal commencé pour moi. Pressé d’arriver à l’heure pour voir mes potes de One Rusty Band, J’ai terminé avec ma voiture contre un poteau d’éclairage à l’arrière. Ce qu’on ne ferait pas pour la musique.

Donc sur place à l’heure, Greg et Léa de One Rusty Band, on juste commencé, lorsque j’étais devant la scène. Ils ont performé leur set, et il est toujours difficile de commencer une journée de festival. Mais ils s’en sont acquittés avec brio car le public ne cessait d’accoster Léa pour la féliciter, après son show.

Douze morceaux très rock garage, rock pur et blues décoiffants, commençant par « Catfisman », « Boogie Woogie »,  «  Too Hot » et « Life After Line ». Greg joue sur une guitare qu’il a lui-même fabriquée avec le ventilateur d’un appareil de chauffage et dont il est très fier, car le son qui en sort est vraiment unique. Il utilise aussi sa Gretch bleue vert.

Léa est vraiment « fit » côté taille de guêpe car ses nombreux sauts, ses claquettes infatigables, la montre sous une forme parfaite, et toujours tout sourire. Elle sait aussi à côté de ses acrobaties gratter sur sa « washboard » et nous faire vibrer grâce à son zydeco digne de Louisiane, où le clin d’œil à Marie Laveau (album Voodoo Queen), enterrée au cimetière St Louis à NOLA. J’adore ces moments qui régalent et surprennent toujours le public car ils ne sont pas loin d’être unique, pour performer de la sorte avec les titres « Quit Bowl », « I’m Lost », « Lazy Land » et « I Wanna Kill You ».

Ils termineront avec le très rock « Raccoon Rock », « She’s a Vagabond » et « Screengeneration » Merci pour cette super entrée en matière les poteaux !

Ensuite nous passons au régional de l’étape avec «Blues Skills» que je ne connaissais que de nom avec des musiciens bien de chez nous notamment avec un grand habitué de la scène Hookrock, Wielfried Claesen à la batterie, Marc de Rydt (guitare), Gino Knuts (claviers), Gilbert Winters (basse) et le dernier venu à l’harmonica et au chant Eddy Mockers.

Leurs blues est une éternelle redites des grands classiques du blues « Stormy Monday », « Crossroad ». Leur musique est donc totalement assumée comme reprises blues et non pas peur d’ajouter des rock ou ballade légendaire comme « Proud Mary » de John Fogerty. Je ne suis même plus sûr, s’ils l’ont interprété cette après-midi. Par contre ils ont performé « Boom Boom, out Goes The light » ainsi que le morceau de la bande des quatre magnifiques CSN&Y avec « Almost Cut My Hair ». Merci à ces vieux beaux pour ses souvenirs toujours présents dans nos mémoires.

Groupe suivant Thorobad totalement inconnu de ma part ! Ils sont inspirés par des titres comme « Bad To The Bone » de George Thorogood & The Destroyers qui viennent de jouer la semaine passée à Bruxelles, faisant un malheur à l’AB ! Le groupe est composé de Gunther (chant et guitare slide), Elena (saxophone), Julius (basse) et Jérémy (batterie).

J’aurais juste un petit bémol à dire, c’est que Elena louchait fortement sur sa tablette pour suivre ses partitions musicales au saxophone, mais elle le maîtrisait parfaitement. Leur prestation ne m’a pas laissé un souvenir impérissable malgré quelques beaux solos à la guitare. Surtout avec des redites des titres « Ride on Josephine », « Gear Jammer », « Get A Hair Cut » et « Madison Blues », tout comme « One Bourbon, One Scotch, One Beer » (John Lee Hooker), j’avais l’impression de ré entendre le concert de Georges T.

Mais attention voici notre meilleur Blues Man Néerlandophone préféré qui nous a démontré toute l’étendue de son talent et surtout en ce début de soirée de sa fougue. Ce mec vit et transpire le blues comme personne, j’ai nommé Guy Verlinde. Pour ses 50 ans de scène, il parcoure la Belgique du Nord au Sud, en nous ravissant de sa culture musicale et nous en savons quelques choses pour l’avoir, au moins vu, 3 fois avant cette date ci.

Pour se faire il s’est adjoint un groupe représentant la crème de la scène Blues Belge avec tout d’abord son ami fidèle ami, des environs de Gand, Benoît Maddens à la batterie, René Stock (basse), Tom Eylenbosch aux claviers et Stef Paglia à la guitare solo. Le top quoi !

Guy est toujours positif et commence avec le mot d’ordre de la Louisiane « Laisser le Bon Temps Rouler ». Qui pourrait dire qu’il n’a pas raison ? Il nous a gratifié d’un concert unique, qui était encore plus percutant que les trois que j’ai pu voir cette année. « Soul Giving » percutant ; « Me and My Blues » cela veut tout dire de Guy et un clin d’œil à son quartier général « Goin’ Down To Missy Sippy » à Gand !

« Learnin’ How To Love You » et « Winter Blues » viendront ensuite, pour un rappel final de grande classe et très long mais au combien enivrant « Powered By The Blues ».
Quelle fougue, quelle présence et quelle joie d’avoir vécu ce moment !

Un ancien passé les 65 ans mais toujours habillé classe comme un « Cabalièro » chapeau compris, voici Hook Herrera band. Hook et son harmonica tout un symbole du blues de Diepenbeek et environs, malgré qu’il soit né en Californie. Et non il ne jouera pas de la slide guitare, ce soir, mais se contentera de faire ses gammes à l’harmo et chantera ses quelques titres, allant aussi de Little Walter à William Clacke en passant par l’incontournable Sonny Boy. Et oui cet homme n’a pas eu une vie facile ni de tout repos mais nous étions contents de le voir sourire au solo de Marc !

Marc Tee donc accompagnateur de luxe à la guitare et qui fut pour beaucoup dans la réussite de ce concert de légende dira-t-on plus-tard. Un autre ancien et aussi liégeois avec Renaud Lesire, notre pote favori à la basse guitare et Mr Steve Wouters à la batterie complète se beau groupe. J’ai reconnu « Pit A Boogie Woogie » de Snooky Prior dans les titres interprétés ainsi que « Easy Baby » de Mr Dixon. Des reprises presque uniquement mais d’une grande qualité sonore à n’en pas douter ! Les quatre musiciens se sont entendus parfaitement comme de vieux larrons en foire mais je le redis l’apport de la présence de Marc à fait toute la différence !

Ensuite j’étais vraiment content de revoir Vanessa Collier pour la troisième fois en Belgique et non comme elle l’a annoncé en scène « c’est ma deuxième visite dans votre pays » (Wespelaar, Duvel Blues et ce soir donc), cela fait trois !

Chanteuse, guitariste et surtout saxophoniste de talent, je l’ai connue sur la croisière du blues dans les caraïbes où dans la salle de concert de la pré-cruise à Puerto Rico j’ai vu une toute jeune femme arriver derrière moi avec son petit sac-à-dos duquel sortait son saxophone fétiche.

Le temps a passé et elle a pris une ampleur formidable avec des prestations d’une très grande qualité souvent accompagnée à la guitare par Laura Chavez. Aujourd’hui c’est monsieur Chris Vitarello et sa Gibson au son mélodieux, suivant et bataillant souvent par jeu avec Vanessa et son saxophone. Vanessa nous a enchanté par ses solos tonitruants au sax, faisant vibrer notre cœur battant. Justice Guerrera jeune bassiste prometteur et le confirmé Byron Cage (batterie) clôturait le groupe accompagnant Vanessa.

Je crois que le titre « Two Parts of Sugar, One part Of Lime » parle un peut de sa famille. Son titre fétiche « I Can’t Stop The Rain » de Ann Pebbles qui suivait tout juste « Take Me Back ». Le concert est passé à une vitesse supersonique et nous avons encore eut droit à deux morceaux de bravoure nous sommes restés sur notre faim avec un goût de trop peu par un manque certain, de ne pas avoir eu droit à un « encore » !

Nous voilà « déjà » à la fin de cette journée mais nos vielles jambes commençaient à fatiguer avec dix heures en position debout. Une fin avec BB & The Blues Shacks et ses deux frères Allemands, le guitariste virtuose Andreas Arlt, son frère Michael Arlt au chant et au saxophone, Fabian Fritz aux claviers, Henning Hauerken à la basse et Andre Wermeister à la batterie.

Ce groupe peut s’enorgueillir d’un palmarès de plus de trente mille concerts et d’un presque quarantaine d’albums en comptant les best of ! Michael a ensuite fait son entrée avec « I Can Take You To Heaven », un magnifique morceau R&B empreint de soul. Perso j’ai dû déclarer forfait pour la fin du festival et reprendre la route avec 70 kilomètres, pour le retour à Liège. Merci à Ivan Jacobs et sa parfaite organisation et surtout son nez fin pour ses choix d’un parterre de trois jours vraiment parfaits.

A l’année prochaine !